Généralités historiques - Introduction Généralités historiques - Introduction
Préhistoire et protohistoire Préhistoire et protohistoire
La conquête romaine La conquête romaine
Les wisigoths Les wisigoths
Les arabes Les arabes
Les carolingiens Les carolingiens
Camps sur l'Agly - Le château Camps sur l'Agly - Le château
Epoque romaine Epoque romaine
Carte 1
Plan du château de Camps
Carte 2

Epoque wisigothique Epoque wisigothique
Carte 3

VIIIe au XIIIe siècle VIIIe au XIIIe siècle
A partir du XIe et jusqu'au XIIIe siècle A partir du XIe et jusqu'au XIIIe siècle
XIIIe siècle XIIIe siècle
Anciennes orthographes Anciennes orthographes
Les seigneurs de Camps du XIe au XIIIe siècle Les seigneurs de Camps du XIe au XIIIe siècle
Schéma
L'habitat - Le village L'habitat - Le village
Les moyens de subsistance - L'économie rurale Les moyens de subsistance - L'économie rurale
L'exploitation des ressources naturelles L'exploitation des ressources naturelles
Anciens prénoms au XVII - XVIIIe siècle Anciens prénoms au XVII - XVIIIe siècle
Cartes postales anciennes Cartes postales anciennes

 

 

Généralités historiques

Introduction

La commune de Camps sur l'Agly fait partie d'un ensemble géographique que l'on appelle "LANGUEDOC", le nom de Languedoc provient de la langue du Midi "Oc".
Avant son rattachement au domaine Royal (XIIIe siècle), celui-ci comprenait neuf de nos départements actuels avec pour capitale Toulouse.
Il se divisait en
- Haut Languedoc : Capitale Toulouse
- Bas Languedoc : Capitale Montpellier
- et des provinces annexes : Gévaudan, Vivarais
D'une unité géographique propre, le Languedoc était formé de plaines orientées Est/Ouest, mettant en communication le sud du Massif Central, la vallée du Rhône et celle de la Garonne; et Nord/Sud, plaine Narbonnaise et des Hautes-Corbières qui le mettait en communication avec l'Espagne.
Nous nous trouvons donc géographiquement dans un pays de passage qui sera emprunté par les divers courants d'invasions, Celtiques, Romaines, Wisigothes, Arabes et Franques du Nord apportant chacune son lot de civilisation ou de dévastation...

 

 

 

Préhistoire et protohistoire

Au paléolithique, ou âge de la pierre taillée, des peuplements de chasseurs occupèrent la vaste plaine du Languedoc (la grotte de Tautavel en étant l'exemple typique, nous nous trouvons là en face du plus ancien Européen, le site nous révélant ses techniques et mode de vie).

Le néolithique ou âge de la pierre polie quand à lui laisse des traces plus marquées. Meilleures connaissances de l'agriculture et du commerce, ce dont ces peuplements qui sont à l'origine des communautés rurales et ceci vers 5000 av. JC.
Vers 2000 av. JC, les Ligures, qui vivaient également en Italie, adoptèrent l'usage du bronze et établirent des contacts avec les Ibères d'Espagne. Le travail du cuivre marque le début de la métallurgie. Le travail du fer venant ensuite sous l'influence Ibérique.
Nous savons que Narbonne, vers 450 av. JC, jouait un rôle important sur la route de l'étain, qui passait par l'Armorique (actuelle Bretagne) en provenance de Grande-Bretagne, et la route de l'ambre, venant du Nord de la Scandinavie par la vallée du Rhône.
C'est cette population Ibéro-Ligure qui reçut les influences méditerranéennes des Puniques et surtout des Grecs, ce qui influença le développement du commerce sur le littoral méditerranéen de la Gaule (fondation de Marseille, Ampurias, Agde, ainsi que du comptoir de Pech Maho qui distribuait les produits importés Grecs, Puniques, Etrusques vers l'intérieur du pays).
A l'âge du fer (300 av. JC), le Languedoc fut occupé par les Celtes (Gaulois), leur nom : les Volques Tectosages. Ceux-ci s'intégrèrent aux populations existantes et perpétuèrent les échanges avec les Grecs et les Puniques, ce qui facilita l'entreprise d'Annibal dans sa conquête de l'Italie. Déjà dominateur de l'Espagne, celui-ci entre avec ses troupes et ses fameux éléphants dans la plaine du Bas-Languedoc en 218 av. JC, avant d'échouer dans son entreprise contre les Romains, malgré l'aide des Volques Tectosages.

 

 

 

La conquête Romaine

Les Romains, eux, réussirent et rapprochèrent l'Italie de l'Espagne par la conquête de celle-ci. Ils occupèrent la Provence (122 av. JC) puis le Languedoc (120 av. JC). L'influence des Romains est déterminante pour le Languedoc, création de la Voie Domitienne, venant d'Italie via Arles, Nîmes, Béziers, Narbonne, pour rejoindre l'Espagne par Cneius Domitius.
Création de Narbonne comme colonie Romaine en 118 av. JC. Les celtes se "latinisent" et multiplient les échanges avec Rome. La province qui jusqu'alors s'appelait "Transalpine" devient la "Narbonnaise" sous l'empereur Auguste.
Dès 250 de notre ère, le christianisme apparaît en Languedoc.

 

 

 

Les Wisigoths

Au Ve siècle, l'empire Romain est envahi de toutes part par des peuplades barbares. Les Légions Romaines si souvent victorieuses sont impuissantes à résister. Les Wisigoths s'en prennent à la narbonnaise en 412, après avoir pillé Rome en 410 et occupent l'Espagne. Leur royaume s'étend de la Loire à l'Espagne, leur capitale est Toulouse, mais ils sont battu par les Francs de Clovis à la bataille de Vouillé en 506 et ne conservent que le Bas Languedoc, qui sera appelé Gothie ou Septimanie, en plus de l'Espagne, avec pour nouvelle capitale Tolède.

 

 

 

Les Arabes

Venant d'Afrique par le détroit de Gibraltar, ils envahirent l'Espagne Wisigothe de 711 à 713. Après avoir franchi les Pyrénées (713), ils détruisirent Narbonne et Carcassonne en 725 et occupèrent tout le bassin de la Garonne, mais ils seront arrêtés dans leur conquête en 732, à Poitiers, par Charles Martel, puis sont refoulés en Espagne en 759, suite à la reconquête de Narbonne et de la Septimanie par Pépin le Bref.

 

 

 

Les Carolingiens

A partir de 759, la Septimanie est rattachée au royaume Franc. Les provinces sont gouvernées par des ducs, des comtes, nommés au début par le roi, et sont en fait des fonctionnaires et des chefs militaires. Un acte royal de 877 donne une hérédité aux fonctionnaires, qui deviennent seigneurs, transmettant leurs fonctions et biens à leurs descendants, les "fiefs". La féodalité était née. La base de celle-ci est l'hommage du subordonné à son suzerain, le roi étant en haut de la pyramide. L'éloignement des seigneurs méridionaux vis à vis du pouvoir royal les rendit indépendants à partir du Xe siècle. La société féodale s'installa alors, et nous y reviendrons par la suite.

 

 

 

Camps sur l'Agly - Le château

 

Époque romaine

Il n'y a aucune preuve sur l'existence d'une forteresse romaine à Camps (castrum), pas de preuve non plus d'un château Wisigoth, ni même d'un poste d'observation ou de signal (specula ou turris speculatoria) mais les témoignages sur cette époque sont si rares qu'il faut rechercher sur le terrain ou par déduction ce que l'on ne peut trouver dans les textes.

Nous savons que les Tectosages (peuple celte) se révoltèrent en 106 avant J-C puis se réfugièrent dans les régions de montagne (un oppidum celte est recensé sur la commune) en faisant le guérilla contre les romains qui durent entreprendre une lente reconquête. Cette campagne fut l'occasion pour les romains de la construction de postes fortifiés (castra, camps, abris destinés à l'armée en campagne) et de poste d'observation en des sites bien choisis pour leur valeur stratégique, en des points commandant les vallées. Ils tenaient compte aussi des réalités économiques de l'époque. Or la région des Corbières était particulièrement intéressante pour leurs gisements miniers (voir carte 1).

Cette activité économique entraîna la construction de routes permettant l'acheminement des hommes et des produits.

Si un castrum devait exister dans la Haute-Vallée de l'Agly, il est bien certain que sa place était à Camps tant ce rocher visible de partout, défendu naturellement, situé au meilleur endroit pour commander la route et les cols * col du Linas / Banquarel (col du Linas, col de Banquarel) semble une forteresse offerte toute prête par la nature.

Aspect possible du castrum romain (voir plan du château)

Il devait s’agir sûrement d’une tour de guet qui devait être rectangulaire ou peut-être ronde, en contact étroit avec les fortins du voisinage, entourée de palissades en bois ou pierres sèches, elle devait être munie à l’étage d’une galerie où l’on faisait brûler une torche en guise de signal (voir carte 2), réseau de signalisation vers 1020, perpétuant le réseau de signalisation romain.

 

 

 

Époque wisigothique

La probabilité de l'existence d'un petit fortin à Camps se renforce à l'époque de l'occupation du pays par les wisigoths. Il est établi en effet qu'à cette époque des forteresses existaient à Carcassonne, Rennes le Château, et Peyrepertuse, non loin de Camps.

Or, il y a similitude entre le site de Peyrepertuse, qui devait être plus important, et celui de Camps :
- position clé commandant une vallée
- région minière - or entre Camps et Bugarach
- situation à la frontière des régions incontrôlées
- défenses naturelles : rocher isolé défendu naturellement par des à-pics

De plus les romains ayant occupé le site, avaient laissé suffisamment de constructions civiles et militaires pour que les Goths n'aient pas besoin d'en construire. Après la défaite des wisigoths à Vouillé en 507 par les francs, les corbières se trouvèrent être à la frontière nord du royaume wisigoth, Carcassonne en était la place forte. Les fortins romains, réaménagés, durent être renforcés pour préserver les voies de circulation. (voir carte 3)

Nous savons qu'à cette époque la Septimanie (département de l'Aude actuellement) était couvert de forteresse de 588 jusqu'au début du VIIIe siècle.
L'histoire de la Septimanie n'est marquée par aucun fait important et il semble que ce fut une période de paix sous la puissance du royaume wisigoth de Tolède (Espagne). La paix existait avec les francs grâce à la conversion des wisigoths au christianisme romain.

Cette paix est interrompue par l'invasion des Sarrasins qui débarquent en Espagne en 711, et de 717 à 725 conquièrent la Septimanie où il restent jusqu'en 759 (prise de Narbonne par Pépin le Bref avec l'aide de la population wisigothe de la ville) une légende locale voudrait qu'au lieu dit "Sarrat Gros" sur la commune de Camps, il y ait eu un combat contre les sarrasins - on ne sait rien de plus.

 

 

 

VIIIe au XIIIe siècle

Nous rentrons ici dans une période très trouble de l'histoire et on ne trouve pas de trace écrites sur le castrum de Camps. Son histoire doit être liée sûrement au village de Cubières sur Cinoble ou plutôt à l'abbaye de Cubières et de son monastère.

Dédié à Sainte-Marie et à Saint-Pierre, le monastère de Cubières avait dès le début la dignité d'abbaye.
Le 14 mai 844, le roi Charles le Chauve, accorde un diplôme d'immunité et de protection à l'abbaye de Cubières. Nous savons aussi que le lieu de "Santae Maria Caprariensis" est citée dans le statut d'Aix la Chapelle en 817, donc sûrement créée par "Charlemagne". Une Abbaye devait être défendue dans ces périodes troubles. Nous pouvons envisager que le lieu de Camps devait prévenir les intérêts de celle-ci militairement.

De 870 à 930 Cubières comme l'ensemble du Fenouillèdes (voir carte N°2) est sous l'autorité indivise des comtes de Barcelone et de Carcassonne, à partir de 930 le Fenouillèdes, dont dépendent Camps et Cubières, devient possession du conté de Barcelone, Sunifred puis d’Oliba Cabreta conté de Cerdagne et Besalu (928-989) qui en hérite en 966 et ensuite du conté de Besalu et Fenouillèdes, Bernard Taillefer (989-1020).

 

 

 

A partir du XIe et jusqu'au XIIIe siècle

C'est à cette époque que l'on retrouve le château de Camps dans le réseau de signalisation (1020).

Ce château devait avoir la forme que l'on peut encore voir par les restes existants avec :
- un donjon à 2 ou 3 étages typique du XIe
- une chemise de protection
- une basse cour
- un habitat groupé au pied du château.

Ce château, comme les autres châteaux de montagne utilise le site en se servant des escarpements rocheux comme première ligne de défense.

Il utilise naturellement le point culminant du rocher comme assise du donjon. Son enceinte extérieure suit les caprices du rocher, barrant au passage les failles et cheminées qui auraient permis l'escalade.
Mais la particularité de ce château est son entrée, on a utilisé avec astuce la large faille qui sépare le roc où est perché le donjon du reste du rocher comme chicane.

L'entrée du château est l'entrée de la faille dont la largeur n'est que de 1,60 m, il semble que primitivement le seuil de cette faille devait être surélevé par rapport au niveau du sol extérieur. Existait-il une porte barrant cette faille ? Rien ne permet de l'affirmer. Elle était de défendre par une plate forme en bois qui la surplombait. Elément remarquable dans ce système d'entrée est la présence de petits ancrages de poutres, aménagés dans la partie haute de la paroi rocheuse, qui témoigne de l'existence de défenses verticales. Il devait exister au niveau de la plate forme une passerelle surplombant d'une dizaine de mètres l'entrée. Cette passerelle devait être bordée d'un parapet vers l'extérieur qui devait servir d'assommoir.

En entrant dans le château, avant de parvenir au niveau de la plate forme, on est obligé de contourner le donjon par cette faille longue de 20 mètres et de 4 à 5 mètres de large, bordée de parois rocheuses sur les côtés et dans lequel on est exposé aux coups venant du donjon sur la gauche mais aussi à ceux lancés de la plate forme à droite devant et derrière. Camps, comme les autres castra, servit de refuge aux seigneurs faidit (rebelles) durant la croisade ainsi qu'en témoigne un document daté de 1258 concernant Guiraud d'Aniort, qui se trouvait à Camps en guerre.

 

 

 

XIIIe siècle

Le château de Camps laisse une trace dans l'histoire en 1241. Nous trouvons en effet en mai de cette année un acte de soumission au Roi de France de Pierre de Béranger de Cucugnan dans la confirmation faite par Saint-Louis de cette soumission au Sénéchal de Carcassonne, le château est appelé "Calmis" en 1258. Guiraud d'Aniort ? en février 1445 le testament d'Ermengaud de Rouffiac fait une série de legs dont Calmis.

L’église à cette époque est consacrée à la Vierge.
Querium de Malet (Mascarou) en 1247 le château est rendu à Pierre de Cucugnan.

(A) pendant les XIVe et XVe siècles les châteaux se maintinrent pendant la tourmente et la régression économique et démographique de la guerre de cent-ans. Le déclin démographique du aux épidémies de peste après 1348 provoqua un repli de l’habitat et une rupture dans le développement de l’habitat.

Avec la seconde moitié du XVe et surtout le XVIe la situation s’améliora.
Forte de leurs finances reconstituées, certaines familles seigneuriales décidèrent de rénover leurs anciennes demeures, ce qui est le cas dans le château de Camps, et de construire des logis dignes d’eux.

Deuxième château de Camps en face de l’église, ce qui caractérise cette construction est sans aucun doute la recherche du confort. Confort se manifestant par la possibilité pour chaque occupant de pouvoir s’isoler (chacun sa chambre) et le chauffage des pièces principales (salle, cuisine, et bientôt salon). Cette grande demeure est largement ouverte sur l’extérieur.

Malheureusement, l’éclaircie devait être de courte durée. Rapidement dès le premier quart du XVIe, les Espagnols ramenèrent la guerre et la désolation dans la région (1525). Les malheurs devaient s’amplifier dans la deuxième moitié du siècle avec l’horreur des guerres de religion, Camps fut détruit par les troupes Calvinistes en 1578.
Au XIIe siècle, le château reste propriété seigneuriale l’ancien château est maintenu en état et servira de prison jusqu’à la fin du XVIIIe.

Si l’ordre social se maintient au XVIIIe siècle, la fin des châteaux est proche. Avec la révolution les demeures seigneuriales sont remises en question. Y eut-il des incendies dus à la vindicte du peuple ? Plus sûre est la destruction après leur vente comme biens nationaux. C’est ce qui arriva au château de Camps - pouvait-on rêver de plus belle carrière de pierres pour construire le village actuel. Le château de Camps, véritable “château cathare” finit de disparaître, redevenir rocher et poussière.

 

 

 

Anciennes orthographes

1241 - Kalbs - Kabs
1258 - Calmis
1445 - Calmis
1538 - Cams
1595 - Campz
1676 - Cans
1769 - Campvilla

 

 

 

Les seigneurs de Camps du XIe au XIIIe siècle

Nous savons que le castrum de Camps (Kalbs - Calmis) appartenait à la famille de Cucugnan et Soulatgé, familles riches apparentées à la famille de Peyrepertuse - Tous descendant des vicomtes de Fenouillèdes.

(voir schéma)

Nous nous rendons compte que les seigneurs de Cucugnan provenait d’un lignage élevé donc riche. Mais qu’en était-il de leur vassal Bertrand de Calmis, seul seigneur de Camps connu à cette époque. D’un point de vue économique, cette région connaît le système classique de l’ensemble méditérranéen à cette époque avec une polyculture à base céréalière que vient compléter la vigne, l’olivier et surtout l’élevage ovin. A cela il faut ajouter les ressources “naturelles” que sont la pêche en rivière ou les produits de la cueillette. Une autre grande richesse est comme nous l’avons déjà vu l’exploitation des mines, surtout pour les familles seigneuriales qui en sont les propriétaires. Sur ces différentes bases, il est difficile d’apprécier la richesse des seigneurs de la terre. Sans doute existait-il des notables écart de fortune entre les grandes familles telles celles de Peyrepertuse ou de Cucugnan et un petit noble contrôlant le château de Camps. En ce qui concerne un petit seigneur comme Bertrand de Calmis, il semblerait que ces conditions d’existence ne soient guère plus enviables que celles de ses paysans.

 

 

 

L’habitat - Le village

Lorsque l’on parle de “castrum” il faut entendre château + village. Quel était le type d’habitat le plus répandu à cette époque ?

Les quelques études faites à ce jour en languedoc nous permettent de dire que la construction de l’habitat dans le village constituant le castrum de Camps (Camps-haut et Camps-bas) se situant au pourtour du château ne devait compter que quelques dizaines ou au plus quelques centaines de personnes.

La maison (oustal ou domus)
De dimension modeste, elle pouvait comporter plusieurs pièces en rez-de-chaussée et n’était que rarement complété d’un étage. Cette bâtisse, couverte d’un toît de bardeaux, de chaume ou de fagot, est construite soit en pierre liée à la terre. Soit en murs de torchis renforcés par une armature de poutres. Cette maison dont la cuisine (fogauha) était la pièce principale, s’ouvrait sur l’extérieur par une porte et quelques fenêtre closes par des vantaux de bois. Si la condition paysanne peut apparaître médiocre dans l’habitat elle l’est aussi dans l’alimentation.

 

 

 

Les moyens de substance - L’écomnomie rurale

L’agriculture
Camps se situe dans une région de semi-montagne. Il faut bien s’imagnier que les surfaces agricoles du Moyen-Age étaient limitées au pourtour du Château, la forêt recouvrant une grande partie du territoire que nous connaissons actuellement.

Culture céréalière
Comme partout dans le Moyen-Age, les céréales étaient cultivées à Camps, blé et seigle servaient à la fabrication du pain, le chaume laissé sur les champs moissonnés haut à la faucille, servait d’aliment aux animaux qui fumaient la terre, l’orge était utilisé pour les animaux.

Culture de légumineuses
Les fêves, vesces, lentilles, pois étaient cultivées depuis la haute antiquité. Nous retrouvons la culture de lentilles à Camps jusqu’au début du XXe siècle. Ces cultures étaient très nutritives et servaient à l’alimentation des hommes et à celle des animaux. D’autres légumes étaient probablement consommés, il s’agit de choux, navets, gesse, oignons, poireaux. Pour les fruits, comme dans tout le Languedoc on devait consommer les raisins, et les figues, les pommes, les poires, les coings, les cerises, les noix que l’on retrouve sur tout le territoire de camps redevenus à l’état semi-sauvage.

L’élevage
Les animaux de garde et de compagnie devaient être représentés sur le territoire. Les chiens servaient aux bergers et aux chasseurs. les chats, introduits depuis le IXe siècle étaient les gardiens des greniers et silos à grains. Il semblerait que le chat pouvait être consommé ?

Les montures :
Le mulet : l’industrie mulassière espagnole fut importée vers le Xe siècle en France, c’est un animal résistant, sobre, parfaitement adapté au territoire et aux chemins de Camps et de sa région.
Le cheval : il semble fort probable que les chevaux utilisés dans les Hautes-Corbières soient les chevaux de Mérens adaptés aux chemins accidentés. Dès le XIe siècle l’amélioration des techniques (harnais à collier) a favorisé l’emploi du cheval à la traction des charges et au labour, mais la difficulté de produire de l’avoine a réduit son emploi. En effet un cheval coûte cher au XIIIe siècle, sans doute 3 ou 4 fois plus que le bœuf. Il semble donc probable que seul le seigneur et sa famille possède à cette époque de telles montures.

Les oiseaux de basse cour
Dans tous les castra il y avait une basse-cour qui était composée d’oies, coqs, poules, et poulets. La basse-cour est élevée pour la production de viande mais aussi pour ces produits (oeufs, plumes) qui pouvaient servir de valeur marchande, de monnaie d’échange ou bien de redevance.

Le bétail
L’élevage du bétail constitue l’essentiel et l’activité pastorale à Camps et se compose de bovins, d’ovins et de porcins. Il apporte une importante contribution au moyen de transporter aux industries de transformation grâce à sa production de viande, lait, fromage, cornes, os, laine et peau.

 

 

 

L’exploitation des ressources naturelles

Le calcaire
Camps est édifié sur un terrain calcaire. La construction des défenses du château et du village a nécessité l’extraction sur place du calcaire. D’autre par, le calcaire a été employé pour la fabrication par calcination de la chaux qui rentre dans la composition des mortiers.

Le grès
Il semble que le grés ait eu une grande importance dans la construction du château. Nous le retrouvons dans le village (pierres de parement, escaliers etc.). Nous retrouvons ces matériaux sous forme de linteaux, pied droit, chaînage d’angle) dans l’église et le presbytère actuel (pierres de réemploi du château).

Le schiste
Existant sur la commune, il entre dans la composition des mortiers de chaux, sous forme de gravier dans la construction du château.

Les richesses minières
Le fer : nous retrouvons des scories de forge et du minerais brut dans le château. Le lieu dit “Lafargue” la forge en français sur le territoire de Camps devait traiter le fer “à la catalane” avec un apport de charbon de bois.

Les ressources végétales
La cueillette des baies : mûres, fraises des bois, fruits sauvages, salades de toutes sortes devait être pratiquée comme celle des noisettes et des champignons, elle représente un complément substantiel de l’agriculture non seulement utile au plan alimentaire mais aussi au plan thérapeutique.

L’exploitation forestière
Aux XIIe et XIIIe siècle, l’assolement se répand et coïncide avec l’avancée des champs sur les bois, l’abattage de la forêt correspond aussi à l’essort de la métallurgie qui nécessite beaucoup de bois pour alimenter les forges à la catalane et la construction qui est en majeur partie édifiée en bois.

La pêche
Les cours d’eau étaient très poissonneux au XIIIe et XIVe siècle en Languedoc-Roussillon. Il devait en être de même pour l’Agly et les ruisseaux l’alimentant, on pouvait y pêcher le vairon, l’écrevisse, la truite mais aussi l’anguille. Cultivateurs et éleveurs pechaient à la main, à la ligne ou bien posaient des cordes, des nasses ou des filets (tramails). La pêche était très répandue, d’autant plus que les seigneurs étaient moins jalousx de l’exercice peu excitant du droit de pêche en rivière que de la chasse.

La chasse
Camps, contrée forestière devait être également propice à la chasse, le gibier y est abondant et varié.

Les oiseaux : le pigeon ramier, appelé favar (mangeur de fève) affectionnait tout particulièrement les feverolles. L’élevage dut être réglementé pour protéger les récoltes. Merles, grives, palombes, étaient très convoités au début du XIVe siècle dans le pays de Sault. Il dut en être de même à Camps.

Les mamifères sauvages
Le lapin de garenne : il fréquentait les garennes libres (naturelles), les garennes forcées (sorte de réserves naturelles) devinrent de véritable clapiers qui mettaient les animaux à l’abri des prédateurs. Mais le droit de garenne ou ban de garenne fut réduit puis prohibé par l’église et le pouvoir royal au XIIIe siècle. Le lapin était chassé au collet ou à l’aide de filet, à l’arc et à l’arbalette.

La taupe : elle était surtout traquée pour les qualités de son pelage gris-noir court, épais, velouté, il fut utilisé par les pellotiers pour la confection de vêtements et de doublures.
Le sanglier : très abondant et particulièrement prisés ces animaux étaient chassés à l’épieu ou capturés à l’aide de filets.
Le loup : nous savons que les derniers loups ont été chassés sur le territoire de camps au début du XIXe siècle. Il devaient être traqués pour la protection des animaux et des hommes mais aussi pour son pelage.

Les moulins
Nous retrouvons sur le territoire de camps 4 moulins dont deux sont attestés moulins à farines et un moulin à bois (scierie). Qu’en était-il du quatrième ? Sûrement une forge catalane (ses ruines se trouvent au lieu dit “Mouli d’al Roc” aux gorges de Lafargue.
Pour les moulins à farines, leur construction et leur état actuel ne permettent pas de datation. Mais nous savons que le moulin de Cubières est déjà attesté au XIe siècle. Il est donc probable que les moulins de Camps aient déjà existé à cette époque ou du moins au XIIIe siècle.
La présence de moulin suggère celle de fours à pain, donc une production locale, celui-ci devant appartenir au seigneur. Il ne devait pas se trouver loin du castrum ou même du château.

 

 

 

Anciens prénoms au XVII - XVIIIe siècle (Extrait des registres communaux en Mairie)

A
Albine
Amétiste
Anniflore
Appolonie
Araquistain
Artozoule

B
Baptistine-Célina
Belina
Bélonie

C
Casimir
Céléa
Chrisostome
Cosme
Cyprien

E
Egésipe
Emérite
Esprit
Eulalie
Euphonie
Euphrasie

F
Félix
François-Dieu

G
Gaudric
Génie
Gentil
Guilhaume

H
Hilarion
Horreste

I
Izidore

L
Léonce
Léocadie
Lizette
Lorentin

M
Malvina
Marceline

N
Nicette
Noé

O
Olympe

P
Paschat
Pélagie
Philippine-Laeticia
Philomène
Polycarpe
Prosperine

R
Raimond

S
Saturnin
Scholastique
Scolastique
Séraphine
Sérille
Sernin
Servie
Sidonie
Silviz

T
Théophanie
Thimoléon
Thimothée
Thobie

U
Uges

V
Venant

Z
Zélie
Zénobie
Zéphire
Zéphirin

Cartes postales anciennes Cartes postales anciennes

Camps sur l'Agly
Camps sur l'Agly

Ermitage de Galamus
Ermitage de Galamus

Camps sur l'Agly
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Ermitage de Galamus
Ermitage de Galamus

Gorges de Galamus
Gorges de Galamus

Ermitage de Galamus
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Gorges de Galamus
Gorges de Galamus

Tonte des moutons
Tonte des moutons

Gorges de Galamus
Gorges de Galamus

Cave d'Estagel
Cave d'Estagel

Les vendengeurs
Les vendengeurs

Barbaza à Couiza
Barbaza à Couiza

 

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